Salle 1 — Appropriations, gestes, écritures
Salle 1

Appropriations,
gestes, écritures

≈ 1 480 signes

À la fin des années 1950, Ben Vautier formule une intuition radicale : tout peut devenir art, dès lors que l'artiste le choisit, le nomme ou le signe. Un trou, l'horizon, la mort, l'eau sale, un geste de la main, une phrase tracée au pinceau — aucun objet, aucune notion n'échappe à ce regard d'appropriation.

Héritier direct de Marcel Duchamp et proche du mouvement Fluxus, Ben étend la signature au monde entier et fait du quotidien la matière même de l'art. Marcher, regarder le ciel, faire des grimaces : ces gestes minuscules, accomplis le plus souvent dans l'espace public, deviennent à leur tour des œuvres, conservées ensuite sous forme de tableaux. Parallèlement, ses premières écritures donnent au mot la valeur d'une image : la phrase devient panneau, déclaration, surface visuelle, et l'on s'aperçoit qu'écrire peut déjà suffire à peindre.

Ce que propose Ben dès ses débuts, ce ne sont pas des œuvres à contempler mais une manière de regarder le monde. Tout, autour de nous, peut être art ; il suffit d'y prêter attention, et d'y poser un nom. Les œuvres réunies déploient cette pensée fondatrice et donnent à voir un art qui ne se contente pas de représenter le réel : il le désigne, le commente, et parfois se l'approprie tout entier.

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